“Ma’apa’h” : ce mot est apparu il y a quarante ans dans le vocabulaire politique israélien, après les élections du 17 mai 1977 qui ont amené au pouvoir Menahem Begin et son parti, le Herout, après plus de trente années d’hégémonie quasi-totale du parti travailliste (lequel dominait la vie politique depuis la période d’avant l’Etat).

Une journée de conférences a eu lieu le mois dernier au Centre Begin à Jérusalem, pour commémorer l’événement.

En écoutant Tsippi Livni et Yaïr Lapid, revendiquer chacun à leur tour et à leur manière l’héritage de Menahem Begin, on pouvait penser que le tournant dramatique annoncé par Haïm Yavin à la télévision israélienne, le soir des élections de mai 1977, avait réellement abouti.

Lapid se flattait d’avoir accroché au mur de son bureau deux portraits des deux dirigeants antagonistes : Begin et Ben Gourion, tandis que Livni rappelait les racines idéologiques de sa famille et l’engagement de ses parents dans les rangs du Etsel (Irgoun Tsvaï Léoumi, plus connu sous le nom d’Irgoun).

La réalité, bien entendu, est différente.

Malgré ses déclarations de fidélité à l’héritage jabotinskien dans lequel elle a été élevée, Tsippi Livni a tourné le dos (comme beaucoup des membres de la deuxième génération au sein du Likoud) depuis longtemps aux valeurs du Bétar et du Hérout, pour adopter l’idéologie dominante inspirée par la gauche israélienne.

Mais, au-delà de son cas personnel, c’est toute la société israélienne qui est encore, dans une large mesure, dominée par le discours idéologique de la gauche, comme l’écrit Ariel Shenbal dans les colonnes de Makor Rishon : “l’esprit de la gauche continue d’imprégner les bastions du pouvoir de l’Etat”.

Le véritable “Ma’apa’h” n’a en réalité pas encore commencé, ou plutôt il vient tout juste de commencer, ces derniers mois, notamment grâce aux initiatives prises par la ministre de la Justice Ayelet Shaked, et par la ministre de la Culture, Miri Regev.

Ce sont en effet ces deux domaines qui sont les plus importants pour permettre un véritable changement, car c’est là que se joue le combat idéologique et politique le plus déterminant pour l’avenir : le combat pour définir les normes juridiques et les codes culturels, par lequels la gauche a assuré sa domination jusqu’à aujourd’hui, tout en étant devenue minoritaire à la Knesset et dans l’opinion publique.