Il faudrait déjà discuter avec Vladimir Poutine pour lui expliquer qu’il est normal que certains pays autrefois durement occupés par l’URSS veuillent aspirer à leur propre souveraineté ; ce qui ne veut pas dire qu’il faille l’effectuer contre la Russie. Bien au contraire.

Poutine peut d’autant plus comprendre cela que la Russie doit être associée à plusieurs projets de sécurité/défense comme de développement, tel que relancer l’exploitation spatiale, la coopération technologique, les échanges économiques.

La Russie a toujours été l’alliée de la France. Elle doit le rester. Ce qui n’empêche pas de parler franchement de ce qui ne va pas (y compris en interne, mais la réciproque doit être aussi vraie). Cette position permettrait de réétudier la question syrienne sous d’autres angles.

Par exemple en soulignant que les Kurdes syriens ont vocation à rejoindre leurs frères d’Irak. Il faut en fait un Kurdistan fort pour contrer la poussée djihadiste. C’est ce que ne comprend pas la Turquie ou plutôt fait semblant du contraire. De même que le Qatar.

La France doit dire stop : il n’est pas possible que la Turquie continue sa politique pro-djihadiste et anti-israélienne. Ou alors elle sort de l’OTAN. Les USA pourraient être contre.

Tant pis (ou tant mieux). La France se rapprochant de la Russie, elle peut également menacer de sortir de l’OTAN, voire de l’ONU, de l’U.E également, s’il n’existe pas un réel redressement de la politique internationale en faveur de l’autodétermination des peuples et de la démocratie mondiale. Cela ne peut plus durer.

L’ONU est gangrené par les ennemis de ces deux paramètres au fondement de « l’ordre et du progrès » (devise de Auguste Comte oubliée par le Brésil lorsqu’il condamne Israël) depuis des décennies.

Les USA (d’Obama) n’aident guère, bien au contraire, surtout depuis qu’ils ont déclaré la guerre idéologique à la Russie au nom non pas de la liberté mais de la volonté d’imposer une certaine façon de voir l’humanité sous le mode non pas de la diversité mais du « queer », c’est-à-dire de l’indécis, du flou, du ni-ni, bref, d’une politique qui a certainement le droit d’exister mais pas celui de prétendre être désormais la seule définition de l’être ensemble.

De ce fait, il ne suffit pas de fournir des armes à Israël, la France doit reconnaître Jérusalem comme étant sa capitale ; avec appel à la négociation sur la base des paramètres Clinton.

Ce geste déclenchera sans doute de la fureur qui permettra précisément une décantation (de crever l’abcès) entre les amis et les ennemis de la France.

Y compris en son sein. Il faudra être alors ferme, sans pitié, contre l’ennemi intérieur comme extérieur : la France n’a pas à se faire dicter sa politique y compris par des forces internes dont le passé, pro Moscou, pro Vichy, pro Cuba/ Alger, n’est pas de nature à monter sur ses ergots en agitant des airs supérieurs, surtout lorsque l’on voit le résultat actuel qui a peu de choses à voir avec la disparition des Saddam et Kaddafi en réalité car tôt ou tard ces deux couvercles auraient sauté comme ils ont sauté en Tunisie,au Pakistan, en Égypte, en Syrie, en Ukraine, au Soudan, Somalie, comme ils sautent sous nos yeux au Nigeria sans qu’on puisse dire que « Bush » (comme Sarkozy) seraient la cause elle-même de ce qui se passe actuellement.

Dire cela c’est encore faire croire que Ben Laden a été créé par la CIA alors qu’il s’est servi d’elle…

C’est en fait une très grande erreur des supposés « patriotes » que de propager l’idée que la France doit perpétuer la désastreuse politique arabe de la France qui non seulement n’a produit que des désastres, mais arme aujourd’hui les ennemis actuels et surtout de demain, y compris dans nos villes et campagnes.

Il est temps par exemple de faire pression sur la Libye pour qu’elle reconnaisse le fait Amazigh, de même pour l’Algérie et le Maroc, car comme au Kurdistan, seuls les Amazigh seront en mesure de stopper voire de détruire le djihadisme (puisque c’est à cause de lui qu’ils sont disloqués et affaiblis, même pas convalescents comme les Kurdes).

De même, il convient de ne plus laisser les USA représenter, seuls, le camp de la démocratie face à la Chine.

Le Vietnam, l’Indochine en général, Taïwan, la Corée du Sud, le Japon, l’Inde, peuvent avoir besoin de la France. La politique mercantiliste et colbertiste qui enchaîne la France à des contrats de marchés publics en fin de compte onéreux et sans issues doit cesser. Il en est de même en Amérique du Sud. Et en Afrique.

Certes, cette réorientation ne peut se faire du jour au lendemain car il faut avoir les moyens de sa politique.

Il faut donc que la France se redresse moralement économiquement politiquement et ce le plus vite possible comme je le développe dans Intérêt général et Bien commun (Théorie rénovée de l’Action publique).

Pour ce faire il n’en reste pas moins qu’il faut lancer le débat, et le plus tôt sera le mieux.