Lorsque vous êtes à terre, et que l’on vous tend la main pour vous aider à vous relever, vous ne restez pas accroché à la main de votre bienfaiteur.

Vous pouvez cependant rester attaché à votre bienfaiteur, si vos relations sont amicales, et continuer la marche avec lui.

En d’autres termes, l’aide au développement ne doit pas se substituer au développement lui-même : on ne développe pas, on se développe.

Je peux comprendre que l’aide se prolonge dans le temps parce que les besoins sont énormes, mais il ne faut pas s’y reposer.

En effet, l’aide aux pays pauvres vient des pays plus avancés et donc de l’argent du contribuable de ces pays.

La situation de crise que connaît le monde aujourd’hui montre les limites d’une dépendance de l’extérieur pour son propre développement.

Chaque pays a besoin de ses propres ressources pour aider sa propre population.

Les pays avancés ont besoin de leurs ressources pour leurs populations.

Mêmes si pour des raisons géopolitiques l’aide continue, force est de reconnaitre que la tendance est plutôt à la baisse.

L’aide au développement ne doit servir que d’appoint et non de ressource principale pour lancer des économies de développement durable.

Le Président Félix HOUPHOUËT BOIGNY disait vers la fin de sa vie : « Il est temps que les africains mettent en œuvre leur solidarité légendaire. Car l’aide tant attendue de nos amis ne viendra pas ».

L’Afrique regorge d’énormes ressources et de potentialités pour amorcer un développement durable.

Seulement, c’est à l’Afrique de se mettre résolument en ordre de bataille pour le développement du continent. Il est vrai que l’Afrique a beaucoup donné.

Elle donné des hommes, elle a connu la colonisation, elle a donné et continue de donner des matières premières au monde entier.

On pourrait donc évoquer les douleurs du passé, mais il faut savoir faire le deuil de son passé, extirpé la douleur du passé pour en garder ce qui est bien et en faire le ferment pour l’organisation du présent, afin de bâtir un avenir meilleur.

Tout ce que l’Afrique a donné, a fleuri ailleurs dans les autres continents.

Il y a donc un potentiel en Afrique

Depuis les cours de tennis, les pistes d’athlétisme jusqu’à la Maison Blanche aux Etats-Unis, nous voyons la traçabilité du potentiel africain, sans oublier l’effet positif des matières premières africaines sur l’économie mondiale.

Il faut donc se relever pour faire face à notre destin en nous appuyant sur nos valeurs, nos forces, et les connaissances acquises en symbiose avec l’apport de l’extérieur.

Certes, nous ne partons pas de zéro. Du chemin a été parcouru, mais beaucoup reste à faire. Il nous faudra cependant opérer quelques réglages non négligeables afin d’offrir un cadre propice à une économie durablement prospère.

Il faudra finir avec le problème de la mauvaise gouvernance, les conflits et les guerres civiles qui entraînent une instabilité du pouvoir politique, et apporter des réponses claires et efficaces aux questions de l’insécurité grandissante.

Les conflits en Afrique peuvent avoir des solutions durables. Ce sont pour la plupart des conflits à l’intérieur des Etats.

Contrairement aux deux grandes guerres mondiales qu’a connues l’Europe en l’espace d’un quart de siècle, l’Afrique ne connait pas de guerre entre Etats.

Cela constitue une véritable force pour faciliter l’intégration politique et économique du continent.

Il faudra donc accélérer le calendrier pour la résolution des conflits existants afin de faire de la place à la construction.

Les exemples dans les autres continents doivent aider à trouver des solutions aux conflits en Afrique et continuer la marche en avant pour le développement.

L’Europe a su se relever et reprendre sa marche après les guerres mondiales avec l’aide des Etats-Unis.

Il y a eu le plan Marshall, la construction des ensembles tels que l’Union Européenne, des accords entre Allemands et Français (le couple moteur de l’Union européenne) etc…, et bien entendu la bonne gouvernance des Etats.

Israël a su se relever et continuer sa marche après les atrocités de l’Holocauste, et les oppressions subies durant des siècles.

Avec près de 70 ans d’existence, l’Etat Hébreu a réussi à se hisser au plus haut niveau des nations les plus puissantes et les plus riches du monde.

Tous ceux-là, pour ne citer que ces deux exemples, étaient résolus à tourner la page du passé. Ils ont créé les conditions propices à un développement durable.

Certes, ils n’ont pas oublié leur passé douloureux, mais ils en ont tiré des leçons pour accélérer la construction d’un avenir plus sûr et prospère.

Ce qui a marché ailleurs, peut aussi marcher en Afrique.

De plus, nous avons toujours l’appui de nos amis. Il faut donc se mettre en ordre de bataille pour un développement durable et harmonieux de notre cher continent, berceau de l’humanité.