C’est le nom de la dernière télé-réalité à la mode en Israël.

Le concept : une ville du futur, nous sommes en 2025 aux environs de Yavné. Douze candidats doivent (sur)vivre dans un environnement futuriste dans lequel l’argent est au coeur de tout. Dans cette ville tout à un prix, et pour le rappeler à tous, sur la place centrale de cette ville éphémère : un tableau avec le compte en banque de chaque candidat.

Une télé-réalité qui coûte cher : une petite ville a été créée pour les besoins du jeu. Dans cette ville : un bar, un café, une banque, un magasin de vêtements, une zone commerciale, un hôtel de luxe, des chambres et c’est tout. Oui oui, bienvenue à CapitalistLand.

Tous les candidats viennent de classes sociales très différentes : il y a le Marocain, devenu danseur qui vit à Tel Aviv, il y a la jeune fille excentrique qui a grandi dans la rue et a commencé à travailler dès l’âge de 11 ans, il y a celle qui a grandit avec une cuillère en or dans la bouche… tous commencent en théorie avec la même somme – 12 000 shekels. Mais le jeu n’a pas encore commencé que déjà les choses se compliquent, et il est déjà l’heure de parler d’argent.

Tout au long du jeu, les candidats peuvent voir combien chaque adversaire a dans son compte, celui qui a le compte le plus pauvre à la fin de la semaine sort du jeu, pour être remplacé par un nouveau venu. 2 mois à vivre de cette façon, dans un jeu de stratégie actif grandeur nature, une guerre capitaliste, sordide et malsaine. On peut observer les candidats 24h sur 24, 7 jours sur 7 depuis le site de Keshet, Mako.

Certains ont déjà comparé le jeu au brillantissime « Truman Show ». Oh non, sacrilège. Il n’y a pas l’ombre d’une comparaison ici.

L’émission de lancement

Deux présentateurs arrogants et imblairables – Erez Tal et Corinne Gideon – animent le jeu, et pour la première fois en révèlent le principe fondateur. Tandis que dans le public, les futurs candidats sont déjà installés. Ils ne savent encore rien de ce qui va leur arriver.

Une sorte de première épreuve, le choix du public : à huit reprises, le public devra choisir entre deux candidats après avoir vu leur « carte d’identité », un petit film sur les deux candidats. Le candidat qui remporte le choix du public peut rentrer dans la ville et commence le jeu avec ses 12 000 shekels. Mais avant de rentrer dans la ville, un premier dilemme : le candidat rentre dans un taxi avec un des animateurs, il est sonné sous le coup des émotions, mais autour de lui, des caméras, face à tout le pays le candidat doit choisir (ou pas) de donner de l’argent pour sauver le candidat qui était en face de lui. Il a seulement quelques instants et un présentateur emmerdant qui lui fout la pression.

Des dilemmes drastiques traversent la tête de chaque candidat : vais-je passer pour un gros bâtard ? En même temps je veux gagner, donc dois-je donner une somme symbolique pour ne pas être détesté ?

Chaque candidat a donné, seulement 4 sont sauvés sur les 8. Très vite, on remarque alors quels sont les candidats égoïstes, radins. Les candidats pigeons, gentils, au grand coeur. Il y a celle qui est au premier rang du classement: elle a beaucoup d’argent car elle n’a presque rien donné pour sauver son adversaire. Il y a celui qui est mal placé car il a donné les trois-quarts de son salaire à son adversaire, mais tout le pays sait que c’est un gentil.

A peine arrivés, les nouveaux résidents réalisent qu’ils doivent payer pour les habits dans leurs propres valises. Mais les disparités de « salaire » sont déjà prononcées.

C’est une télé-réalité qui promeut l’argent, le capitalisme, la loi de la jungle et du plus fort. Un jeu écoeurant où tout à un prix, tout s’achète : un coup de fil à ses parents, ses propres habits, à boire, à manger, sauver un ami… Jusqu’où les Israéliens iront-ils pour innover ?

Autres points noirs notables : une production « cheap », dès la première émission des problèmes techniques de son, une ville qui ressemble à une maison de poupées – somme toute pas très grande, et pas très belle.

Seul point rassurant: le rating est relativement bas pour un lancement prime-time : 21.1%, la deuxième émission voit son audience en chute libre avec un rating de 14.5 % seulement, face aux 15.6 % du « Ah haGadol », émission tout aussi mauvaise qui parvient pourtant à dépasser 2025.