La démonstration a été faite il y a peu que lorsque les forces démocratiques en Israël se mobilisent sur des objectifs clairs répondant aux vrais besoins de la population, elles sont capables de faire reculer les composantes conservatrices et fondamentalistes de la société israélienne.

En cédant au chantage politique des partis religieux extrémistes sur la question du trafic ferroviaire et des travaux d’infrastructures pendant le Shabbat, Benjamin Netanyahu avait pris la responsabilité de plonger tout le pays dans le chaos, allant jusqu’à empêcher les soldats en permission de pouvoir revenir à leur base dans des conditions normales.

Forts de ce premier recul subit et inattendu du Premier ministre, les partis religieux extrémistes ont encore voulu pousser leur avantage en essayant d’interdire tous commerces et activités de loisir durant le Shabbat, dans une ville comme Tel Aviv qui a adopté les standards de vie des pays démocratiques.

Mais la mobilisation populaire a payé.

Les manifestations et le recours à la Cour suprême lancés par le parti Meretz ont permis de stopper ces chantages et de revenir au statu quo raisonnable qui était en vigueur avant ces manœuvres.

Ces événements ont permis de faire une double démonstration à la population israélienne :

– La faiblesse chronique de son Premier ministre, et son incapacité à résister au chantage des composantes les plus extrémistes de sa faible majorité gouvernementale. Malgré ses rodomontades de moins en moins crédibles, Benjamin Netanyahu vient encore une fois de faire la démonstration qu’il est incapable de faire les choix déterminants qui assureront l’avenir de l’État d’Israël.

– Les mobilisations populaires et démocratiques ne sont pas vaines, et peuvent apporter des résultats politiques, même si elles sont portées par des composantes apparemment affaiblies et minoritaires.

C’est dans ce contexte qu’il faut accueillir l’initiative « Decision at 50: demanding a referendum for the future of Israel » lancée cette semaine par Shalom Akhshav associé à d’autres composantes du Camp de la Paix comme le mouvement « Futur Bleu Blanc » conduit par Ami Ayalon, ancien commandant en chef de la Marine et ancien directeur des services de sécurité intérieure (Shabak).

A l’approche du 50e anniversaire de la Guerre des Six Jours et de l’emprise d’Israël sur les territoires conquis, en particulier la Judée et la Samarie, il s’agit de demander l’organisation d’un référendum pour que le peuple israélien puisse enfin s’exprimer sur le choix de la voie à suivre:

– soit un État binational
– soit deux États pour deux peuples

Face à l’immobilisme et à l’impuissance du pouvoir politique, il n’est plus possible de continuer à attendre, à louvoyer et à tergiverser. Face au développement rampant d’une occupation qui se veut inéluctable et irréversible, cette initiative déjà soutenue par des milliers de citoyens israéliens, a pour vertu de remettre l’occupation au centre du débat démocratique.

Les principaux dangers qui menacent l’État d’Israël sont l’immobilisme de son gouvernement et l’absence de stratégie claire qui entrainent dissensions internes et isolement international.

Israël doit choisir son destin et ce qu’il veut devenir, tel est l’objectif de cette campagne citoyenne pour un référendum.

Nous aurons l’occasion dans un avenir proche de vous tenir informés de cette initiative qui va se développer jusqu’en 2017, ainsi que des initiatives de soutien que nous serons amenés à prendre.

Article co-signé par Marc Lefevre, porte-parole de La Paix Maintenant

Article co-signé par Marc Lefevre, porte-parole de La Paix Maintenant