Deux mauvaises nouvelles, en l’espace de 48 heures, ont abattu les israéliens: après avoir appris que le sous-lieutenant Hadar Guldin a été enlevé par le Hamas en pleine trêve, le pire vient de tomber: il est décédé.

Lors de son enlèvement on avait le sentiment du pire. Car c’était l’évènement que les israéliens appréhendaient le plus dans la guerre de Gaza. Au point que même le Président Obama, généralement mou et hésitant, a réagi vigoureusement en déclarant: « C’est une violation barbare et inacceptable. Si le Hamas songe à une solution du conflit il doit tout d’abord libérer le soldat sans aucune condition préalable. »

Pourquoi l’enlèvement d’un seul militaire, tout comme d’un civil, plonge tout Israël dans la détresse, alors que la guerre a fait déjà plus de 60 morts et des dizaines de blessés? En raison d’une sensibilité, voire susceptibilité, de savoir qu’un israélien, même mort, se trouve entre les mains de l’ennemi, empêchant ses proches de l’avoir parmi eux. C’est donc un Casus belli par excellence, constituant une ligne rouge, bien qu’au point de vue stratégique et tactique, tandis que les combats sont en cours, un tel évènement n’a pas grande importance.

Donc, c’est sur le plan psychologique et non militaire que les israéliens sont touchés à vif.

Surtout après le précédent de Guilad Shalit, ce soldat franco-israëlien, capturé par le Hamas il y’a huit ans, et libéré au bout de cinq ans de captivité, en échange de plus de centaines de prisonniers palestiniens, dont de nombreux assassins responsables de la mort de dizaines de civils israéliens.

Connaissant la sensibilité des israéliens sur ce sujet, le Hamas s’est fixé dès le début de l’affrontement actuel l’objectif de capturer un israélien, militaire ou civil. Il vient de réussir, avec l’espoir qu’un jour, peut être lointain, ce prisonnier servira de monnaie d’échange dans un marchandage au style de bazar. Ce calcul est déjoué, mais au prix maximum.

Ce genre de calcul en effet était payant par le passé plusieurs fois, Israël ayant libéré des milliers de terroristes en échange de cadavres de militaires enlevés par le Hezbollah, afin de pouvoir les restituer à leurs familles pour les enterrer.

À l’heure actuelle donc les combats se poursuivent, au prix de morts et destructions parmi les palestiniennes, et crainte pour d’autres victimes parmi les israéliens. Tsahal poursuit les opérations, le premier ministre Netanyahu affirme cette nuit « qu’elles se poursuivraient le temps nécessaire ».

Il semble douteux qu’une nouvelle trêve intervienne bientôt, donc les missiles vont continuer à se diriger vers les villes d’Israël, tout comme les 3025 déjà lancés. Tandis que Tsahal poursuivra les bombardements, les accrochages avec les combattants du Hamas cachés sous terrain, et surtout détruire les tunnels d’attaque.

Pour en revenir aux tunnels, j’en ai visité un. C’est une construction impressionnante, exigeant patience et effort. Celui que j’ai vu avait été sans doute creusé par des adolescents, puisque le plafond était trop bas pour un adulte, l’obligeant à se baisser pour avancer. Or c’est un fait accompli et connu que le Hamas avait utilisé jadis des adolescents, voire des enfants, pour la construction de tunnels. C’est une source du Hamas qui le confirmait en 2012, dans le « Journal of Palestine Studies », se ventant de la « détermination » du combat contre Israël. Or on apprend qu’au moins 160 de ces jeunes n’avaient pas survécu aux conditions d’esclavage sous terrain, à 25 mètres de profondeur, nourris souvent uniquement de figues et dates.

Ceci dit, je tiens à rappeler ce que j’ai rapporté récemment sur le plan diabolique du Hamas contre Israël, car cette révélation est actuellement au coeur de la détermination de Tsahal d’en finir avec les tunnels, avant toute accalmie éventuelle. De source militaire, on apprend que lors des fouilles des tunnels, on a trouvé des plans indiquant l’intention d’envahir Israël par des milliers de terroristes, en uniforme de Tsahal, émergeant de dizaines, voire des centaines de tunnels débouchant sur le sol israélien, profitant de la fête du Nouvel An juif, en septembre. Une fois sur place ils auraient investi, profitant de la surprise, de larges régions, tuant tout ce qu’ils auraient trouvé sur leur route, et prenant des centaines d’otages, avant que Tsahal ne s’organise. On a vu en effet quelques tentatives identiques les premiers jours de l’affrontement, et heureusement déjouées, avant la réussite récente.

Selon ce projet apocalyptique, des dizaines de véhicules auraient également forcé les barrières avec Israël, sous un déluge de missiles, pour atteindre les centres névralgiques, avec à leur bord les otages, afin d’empêcher le tir des forces de Tsahal. Dans un tel chaos, ils auraient occupé une partie du centre du pays, tandis que le Hezbollah, prévenu par avance, aurait éventuellement ouvert de son côté une offensive vers le nord du pays. Une source militaire estime que la réalisation de ce projet aurait constitué une véritable menace pour l’existence même d’Israël.